Régis Huiban

A propos de l’album Le Train Birinik

Accordéon & accordéonistes – avril 2014 : Régis Huiban, un parcours enchanteur

Régis Huiban nous fait prendre Le train Birinik, titre de son dernier album. Une traversée de paysages scandés par des mélodies surprenantes. Régis Huiban – Accordéon avril 2014 (PDF)

Chronique du blog L’autre bistrot des accordéons

Samedi. Midi. Claquement du volet de la boîte à lettres. A l’intérieur, une enveloppe dont je devine immédiatement le contenu : un cd. Ce courrier m’intrigue car nous n’avons aucune commande en cours. A l’intérieur de l’enveloppe, un album : »Régis Huiban / Le Train Birinik« . J’ai plusieurs fois rencontré le nom de cet accordéoniste, mais je ne me suis jamais donné l’occasion de l’écouter. Va savoir pourquoi. En tout cas, double plaisir : celui de la surprise et celui de la découverte d’un accordéoniste et de ses compositions. Lire la suite.

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Balade à bord du Train Birinik

Dans un disque enthousiasmant, l’accordéoniste Régis Huiban et ses musiciens racontent l’histoire du Train Birinik qui animait la vie du littoral bigouden, au début du siècle dernier. Un opus inspiré par une collecte d’anecdotes et de documents de cette époque. Lire la suite (vers Le Télégramme).

 

Le petit soufflet : interview de Régis Huiban

Petite papote avec Régis Huiban, qui vit avec un soufflet ou un accordina collé au corps: on ne compte plus les collaborations jazz, musique traditionnelle et autres musiques à accordéon pour lesquelles le Finistérien a contribué. Lire la suite.

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A propos de l’album 1732

 

1732 visuelRégis Huiban Quartet, 1732 – Coop Breizh

Il semble que le vent de la création souffle, aujourd’hui, sur la côte sud, là où réside Régis Huiban. Ce nou- vel album, intitulé 1732, témoigne à tout instant d’une démarche musicale de grande qualité, qui s’enracine à la fois dans un profond respect de la transmission du chant et de la musique, des personnes porteuses de ce savoir, et dans une démarche musicale utilisant largement l’apport des grands musiciens contemporains, issus du jazz notamment. La musique qui en découle possède une véritable signature, identifiable, reconnaissable, qui se situe d’emblée au-delà de toute polémique sur la modernité du propos ou sur son rapport à la tradition. Musique empreinte de sérénité, qui ne se dément pas d’une plage à l’autre, tant on ressent l’implication du musicien, sa force de conviction.

Ceux qui l’entourent sont de la même veine: propos toujours retenu, chuchoté, exprimé avec élégance. Prenons donc le temps d’écouter ce disque, de découvrir la gwerz sur Louis Le Ravallec, très justement chan- tée par Gildas Le Buhé, tout comme les créations de Régis ou l’accompagnement de l’orchestre de jazz de Bretagne. Écoutez et vous y reviendrez peu à peu, pour goûter cette voix qui double l’accordéon, pour appré- cier les improvisations de l’accordina ou vous laisser porter par le swing d’une superbe gavotte New Orléans. Écoutez et vous y reviendrez.

Charles Quimbert – revue Musique bretonne (Éditions Dastum)

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Régis Huiban, Les chemins de la mémoire

La mémoire, l’identité, les insondables mystères de l’inconnu et la façon dont les rêves et l’imaginaire habil- lent le non-dit, sont au cœur de cet album hypersensible de l’accordéoniste Régis Huiban. En musique, en mots, donnant à entendre des sons étranges, des voix poignantes et une gwerz tragique, il remonte à la source d’un fait-divers jamais élucidé. Qu’est-il arrivé, en avril 1732, au jeune Louis Le Ravallec, retrouvé assassiné dans une rivière près du Faouët ? Le Faouët, carrefour commercial, cité d’échange, d’art et de cul- ture, est au cœur de cet album ambitieux et original qui tente de traduire le magnétisme d’une cité et les traces musicales qui en subsistent. Outre ses habituels complices, Régis Huiban a fait appel au chanteur Gildas Le Buhé, dont la vibration nous bouleverse, et à l’Orchestre de Jazz de Bretagne. Il en résulte notam- ment deux suites, Loeiz ar Ravaleg et Le sonneur des halles, et un hommage au peintre Arthur Midy au souvenir délicieux et durable.

Jean-Luc Germain, Bretagne Magazine N° 48 (juillet août 2009)

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Régis Huiban, Conteur musical

C’est à partir de deux thèmes de sa région que Régis Huiban a bâti sa nouvelle proposition artistique : l’assassinat de Loeiz Ar Ravaleg en 1732, crime jamais élucidé, et le «Sonneur des halles». Carrefour de plusieurs terroirs et lieu de rencontres picturales, ce pays du Faouët se voit ainsi décliné au travers du conte, du chant et de la musique instrumentale. Bien sûr l’accordéon, subtil et
élégant, du maître d’ouvrage se taille la part du lion. Au fil de ses multiples expériences, Régis Huiban a su se construire une personnalité musicale où se mêlent la gavotte et le jazz avec une recherche permanente en matière harmonique et surtout, une faculté à composer de fort belles mélodies sans lesquelles il n’est guère de projet intéressant.

Il dépasse la tradition, bien aidé par ses trois camarades de scène qui savent mettre en lumière la musique du soliste. La présence du chanteur-conteur-saxophoniste Gildas Le Buhé apporte une tonalité vannetaise fleurie; cette alliance voix quartet fait office de révélateur du projet. On ne dira jamais assez l’importance que revêt une voix bien stylée et bien timbrée dans ce genre de réalisation. Autre pré- sence de poids, l’Orchestre de Jazz de Bretagne mené par Didier Ropers. Le groupe de Régis Huiban se voit gonflé par un véritable big band, une belle idée installée avec à propos. Et la gavotte Pourlet, jadis menée par ces fameux sonneurs des halles, devient un prétexte à des jeux harmoniques et mélodiques du plus effet.

Michel Toutous, Armen N° 172 (septembre octobre 2009)

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A propos de l’album Sans Sommeil

 

Sans-sommeil-rectoRégis Huiban Quartet – Sans Sommeil – Coop Breizh

Mélomanes de toutes sensibilités musicales, oubliez vos a priori restrictifs pour cette fois ; voilà une musi- que intense et inattendue dont vos oreilles ne pourront que se délecter. S’il s’agit d’un excellent jazz, il serait très réducteur de se contenter de cette étiquette car l’essence bretonne, qui s’y trouve en filigrane, lui donne indéniablement une saveur subtile et une grande personnalité. Régis Huiban, accordéoniste virtuose que le fest-noz a vu naître et le jazz s’épanouir, joue intelligemment avec les paradoxes en mettant en scène un uni- vers à la fois ethnique et universel, riche et sobre, profond et léger. Ce grand album est un événement dans la production discographique bretonne, tous genres confondus !

Michel Baron, Le Télégramme [Le Mag], mercredi 1er juin 2005

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Régis Huiban, des ailes à la gavotte

Formé à l’école de l’accordéon-gavotte du centre Bretagne, Régis Huiban a fait son miel de diverses expé- riences, la dernière en date étant le « Cabaret Breton » de Roland Becker, pour signer un premier opus sous son nom. En matière d’accordéon chromatique, une référence vient automatiquement à l’esprit : Yves Menez,

l’accoucheur de la gavotte swing. Régis Huiban, après en avoir ainsi saisi l’essence, prolonge la démarche pour s’orienter vers une forme de jazz breton. L’accordéon donne le thème. S’ensuivent alors chorus et développe- ments harmoniques où Régis Huiban et Philippe Gloaguen (guitare) rivalisent de pétillance. On rencon- tre peu ou prou des constructions similaires dans « Sans-sommeil » avec de nombreuses compositions qui reflètent des influences diversifiées. Elles s’appuient sur des mélodies ou des rythmes collectés dans le pays pourlet. On entend ces voix traditionnelles enregistrées, brutes de décoffrage, en prologue des morceaux, comme pour mieux mettre en évidence le terreau populaire où a germé la musique de Régis Huiban et qui a construit une part importante de sa personnalité.

Le quartet, formule idéale pour un tel propos, s’enrichit de cuivres dans la dernière gavotte. On tend alors net- tement vers le jazz au sens classique du terme, certes

moins original du point de vue du timbre, mais toujours agréable. Que ce soit en quartet ou en septet, la musique concoctée par Régis Huiban se révèle de bout en bout d’une grande hauteur d’inspiration et ouvre de larges portes vers de nouvelles expériences. On connaissait un interprète, accordéoniste doué aux atta- ques fermes et au phrasé irrésistible. Avec cette première réalisation, on peut maintenant parler de l’émer- gence d’un musicien.

Michel Toutous – Armen – juillet/août 2005

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Ils ne sont pas si nombreux les « chromatistes » qui font swinguer la gavotte ; Régis Huiban est sans conteste l’un d’entre eux. Mais ce n’est pas tout; voilà quelqu’un qui n’arrive pas par hasard au-devant de la scène musicale avec ce premier CD qui révèle d’emblée un propos affirmé. C’est un premier aboutissement d’un itinéraire musical à la fois déterminé et discret, jalonné par l’enseignement des trois grands maîtres qui l’ont marqué : Jo Jégado, son professeur d’accordéon et de solfège de Quimperlé, Roland Becker — faut-il le pré- senter —, et Daniel Mille, le grand accordéoniste qui lui a prodigué ses conseils dans le cadre de stages plus particulièrement axés sur le jazz et l’improvisation.

De belles aventures et de nombreuses participations discographiques viennent également abonder son cré- dit : Tan ba’n Ti, M. Kerbec et ses Belouzes, Kof a Kof, Au Café Breton, chant et accordéon avec Nolùen Le Buhé, et d’autres encore… Mais on n’aurait cerné qu’à moitié la personnalité musicale de Régis Huiban si on passait sous silence l’authentique vénération qu’il porte à Yves Menez. Au point que lui et son quartet, monté il y a un peu plus de deux ans, ont dédié ce premier disque à cette figure quasi légendaire de l’accordéon swing breton des années 1930, et un second est déjà en cours d’esquisse.

C’est une jam-session de musique bretonne quel ce CD nous fait découvrir; une musique bretonne mêlée de jazz, de swing, de musette, sans qu’on puisse pour autant la rattacher exactement à l’un ou l’autre genre, même si quelquefois, il faut le dire, la tentation en est grande. C’est une musique qui nous est à la fois fami- lière au travers des thèmes de référence servant de base au discours – il est même fait appel ici et là à des extraits d’enregistrements de collectage réalisés par lui-même en pays Pourlet -, et en même temps, profon- dément originale et personnelle, nourrie d’improvisation, et servie de surcroît par des musiciens (Philippe Gloaguen à la guitare, Loïc Larnicol à la batterie et Julien Le Mentec à la contrebasse) qui s’associent à mer- veille à un propos auquel il faut souscrire sans réserve. On aura compris, on aime.

Jacques Michenaud – Musique bretonne – n° 190 – mai/juin 2005

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Avec « Sans-sommeil », l’accordéoniste Régis Huiban nous présente un album d’une rare subtilité. Le propos est de partir de la matière collectée de tradition orale pour une rencontre avec la musique jazz, l’improvisa- tion! Pour ce faire, Régis est accompagné de son quartet qui écume depuis quelque temps les scènes bre- tonnes, composé de Julien Le Mentec (contrebasse), compagnon de longue date, Philippe Gloaguen (gui- tare) et de Loïc Larnicol (batterie).

Ce savant mélange est très intelligemment relevé de quelques cuivres à l’occasion, donnant ainsi une autre dimension à la musique de l’album. Le principe est donc de partir du thème traditionnel pour ensuite aller vers l’improvisation puis revenir à la source, le thème. Le résultat est surprenant puisque la maîtrise de la musique traditionnelle est indéniable, et l’approche jazzistique (sans pour autant oublier la base) vous apporte cette « convivialité », parfois rare dans ce registre. Plus globalement, la prise de son, excellente, vous permet de profiter de la douceur, du velouté de ce mariage, que la gavotte sait à merveille dynamiser.

En tout cas, toutes mes félicitations à Régis Huiban, ce disque est un plaisir, il démontre également que cette musique bretonne est loin d’être figée. Quelle est belle cette évolution !!!

Yann Le Boulanger – Le Poher – juin 2005

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Hommage aux ancêtres

Comment rendre à nos ancêtres la richesse qu’ils nous ont apportée? Avec beaucoup de finesse, d’intelli- gence et d’émotion, porté par la naissance de sa fille (évènement qui oblige à s’interroger sur la transmis- sion), l’accordéoniste Régis Huiban y répond avec ce magnifique Sans-sommeil. Mêlant jazz et musique bre- tonne, introduisant le collectage de manière très originale, cet album offre – outre un jazz musette plutôt enlevé – deux moments de grâce : Naître et La gavotte du genre.

Jean-Luc Germain – Bretagne Magazine – juillet 2005

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Un Dieu (Yves Menez) et quelques maîtres (Jo Jégado, Daniel Mille, Roland Becker…) auront donné à Régis Huiban une maturité qui l’autorise à conduire depuis peu un quartet épatant qui pousserait à dire en for- çant le trait que le Centre Bretagne a un petit quelque chose de la Nouvelle Orléans. À y regarder de près, il existe en effet en ce pays un matériau mélodique enraciné qui a, depuis le deuxième quart du XXe siècle servi de base swinguante à quelques personnalités, notamment dans le rang des accordéonistes. Huiban s’empare de ce discret héritage à travers un parcours qui a débuté de la façon la plus classique qui soit : le bal, avant la formation, non sans succès, du groupe de fest noz Tan ban’ ti.

Sa rencontre quelques années plus tard avec Roland Becker lui permettra à travers diverses créations de lais- ser libre cours à ses capacités dans un style exigeant instamment de conjuguer l’harmonie avec un phrasé évidemment intégré. Bien que l’orientation de son quartet soit évidemment différente, c’est une démarche empruntante qui anime en tant que leader Régis Huiban. Avec Loïc Larnicol (batterie), Julien Le Mentec (contrebasse) et Philippe Gloaguen dont les chorus rappellent parfois l’école américaine (on pense aussi au français Pierre Cullaz), l’accordéoniste qui reste encore parfois sous l’influence de Daniel Mille (Naître) uti- lise des inserts de collectage qui témoignent de ses sources d’inspiration et traduisent sa grande admiration de l’oralité. Son trip américano-parigo-breton qui capte immédiatement l’attention devrait en toute logique continuer à nous réserver de bonnes surprises.

Dominique Le Guichaoua – TradMagazine – septembre/octobre 2005